
Fallen II :: Adhénor Sur les ailes des papillons |
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Ambroise
Prédateur ingérable


Nombre de messages: 33 [R]ace: Vampire [C]lan: ADH Date d'inscription: 15/10/2006
.:: Feuille RP ::. Etat de santé: Bon Peste N.A: Indemne Inventaire: Rapière
 | Sujet: Re: Rappel Mer 11 Juil - 3:59 | |
| "Laisse-moi!" L'exclamation avait jailli, comme un cri, comme un coup de couteau déchirant dans un son abominable la toile de maître soignée et artificieusement bien exécutée, comme le jet d'une onde glacée au travers les rochers, la foudre qui tonne et l'éclair zébrant qui assassine l'espace."Bon Dieu mais laisse-moi... Tu ne comprends donc pas? Tu ne comprends donc pas que je suis un monstre..? Tu n'as toujours pas saisi toute l'étendue de ce mot?!!" Des larmes brûlantes et amères laissaient des sillons fumants sur cette façade lisse de glace, faisaient hurler son âme à l'agonie alors que l'animal somptueux et terrible, froid et implacable déchirait ses entrailles sous ses assauts répétés. Le temps tel un doux rêve filé avait tissé les canevas de leurs existences martyrisées, telle une rivière chantante avait coulé et les avait entraînés en haut de la cascade, prêts à les projeter dans les profondeurs de l'onde ou les fracasser contre les récifs qui ainsi que mains ouvertes aux doigts dressés et avides attendraient de receuillir leur membres épars et goûter de leur sang les méandres ondulatoires. S'éloignant du jeune hybride et allant se recroqueviller dans un coin de la pièce, la tête entre les mains tandis que de nocturnes mèches de cheveux filtraient ainsi que des jets d'encre, des lambeaux de ciel noir entre 10 rais de lune, le maigre écrivain ressemblait à un enfant qui se terre et espère échapper à l'ombre croissante de ses cauchemards. Le prédateur réveillé hurlait sa faim, inondait son cerveau désorienté sous les vagues de son impérieux instinct, le submergeant d'images chaotiques de morsures, de flots vermeils, de la vision récente de la gorge offerte du fragile conservateur....
Tentant d'acculer la bête aux limites de son esprit, recouvrer l'usage de sa raison vacillante, gémissant sous l'effort, le souffle presque sifflant, haletant tel un homme en pleine lutte, Ambroise avait perdu toute sa superbe, défaillant sous les attaques presque ininterrompue du loup enragé et affamé qui le faisait presque se plier et se tordre de douleur au travers ses pleurs ardents, ses pleurs brillants, méandres scintillants. Son timbre ainsi qu'un tissu fluide et soyeux disloqué avait quelque chose de déchirant, de... Oh, plus aucun mot ne serait en peine de qualifier la voix malmenée qui s'échappa d'entre ces lèvres retroussées dans une esquisse hideuse, un rictus ignoble de bête en proie à sa folie destructrice et meurtrière."Je n'ai pas eu le choix... C'était cela ou mourir... Oh, Carmine...." Ce qui était encore le vague reflet d'un son produit par des cordes vocales sembla se briser, mais qui aurait pu affirmer quoi que ce soit concernant ce ton inhumain où se mêlaient un sentiment indicible de souffrance et d'horreur... qui aurait pu encore qualifier ce qui déformait ce masque d'ordinaire impassible...? Tentant de maîtriser la malédiction qui le rongeait, juguler ses pulsions féroces, le Poète Maudit savait qu'il ne pourrait contenir longtemps les charges redoublant de fureur de son assaillant intérieur. Ce soudain réveil n'était en fait que la conséquence de l'ignorance volontaire du sire de Lusignan à l'encontre d'une part de sa nature, alors que le fauve s'étirait peu à peu et commençait à tourner dans sa cage mentale qui se faisait de plus en plus étroite et trop faible pour le contenir... Un dernier cri qui évoquait à la fois un aboiement rauque ou le long et lugubre hurlement d'un loup sous l'astre rayonnant d'argent"Fuyez!" *Fuyez...* Cette pensée était comme une dernière plainte désespérée, comme le dernier chant spectral d'une âme en peine, une dernière bribe de mélodie prête à être engloutie sous les flots, un souvenir lointain qui déjà s'estompait ainsi qu'une fresque ancestrale sous l'étreinte violente de Kronos, une peinture s'effaçant et laissant à peine derrière elle la trace des premiers traits hésitants de crayon, un air resplendissant happé par le temps et qui offraient aux mémoires en piètre témoignage de ce qu'il fût par le passé, pathétique offrande de songe écorché, des son erratiques et hagards, lambeaux fuyant, faibles balbutiements... _________________ Entité en quête de sa propre folie
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|  | | Ezel Verian

Nombre de messages: 33 [R]ace: Hybride Humain/Hll [C]lan: Paradise Lost (officiellement, Hinra) [R]ôle: Conservateur du musée Date d'inscription: 01/10/2006
.:: Feuille RP ::. Etat de santé: Bon Peste N.A: Indemne Inventaire: Néant
 | Sujet: Re: Rappel Mer 11 Juil - 5:06 | |
| Insidieuse, familière, ranimée en même temps que l'affection qu'Ezel avait pour sa triste vie, elle remonta à la surface sans se presser, long serpent huileux assuré d'arriver à sa destination. Elle écarta sans peine la détresse qui avait fait tomber l'hybride à genoux, et endormit en silence la stupéfaction provoquée par la soudaine et terrible crise de larmes du vampire. Oh oui, c'était insensé, de voir craquer un tel roc, un tel monstre qui avait pris tant de soin pour s'humaniser. Très très étonnant, oui oui. Mais la surprise ne dura qu'un temps, et le serpent prit inexorablement sa place, changeant la bouche entrouverte d'Ezel en lèvres tremblantes, muant les iris verts troublés en lacs écarquillés, stoppant net les larmes de déception, accélérant le cœur et la respiration, réveillant l'instinct Hll qui sommeillait dans les chairs du jeune conservateur.
En réalité, tout ceci ne prit qu'une seconde. Une seconde, après le dernier cri d'Ambroise. Une seconde pour passer de l'incompréhension à la terreur la plus pure.
Le hurlement féroce qui déchira la gorge du vampire ponctua la soudaine détente qui projeta Ezel hors de la pièce, si vite qu'il en paraissait presque flou. Il remonta l'étroit couloir à une vitesse qui dépassait l'entendement, retournant sur son passage les décors inachevés et costumes oubliés qui avaient jalonnés le chemin d'Ambroise. Parvenu à une intersection, il plongea à droite sans réfléchir, toute interrogation balayée par la panique et la voix dure de son instinct de survie, qui faisait tourner la même phrase en boucle dans son âme, ravivant sans cesse les flammes de sa terreur: "un vampire court plus vite qu'un hybride, un vampire court plus vite qu'un hybride, un vampire..." Cul de sac. Infime hésitation, avant de s'engouffrer dans un corridor ridiculement peu large et de gravir l'escalier de service qui le terminait. La régularité des marches permit à Ezel d'esquisser enfin une émotion cohérente, et il se rendit compte que c'était de la consternation. Dire qu'il avait organisé cette entrevue pour se défaire du joug d'Ambroise, peut-être humaniser un peu celui qui l'avait fait tant souffrir... et que par ses efforts pour susciter la compassion, il avait réveillé le fauve qui hantait ses cauchemars depuis cinq ans. Il comprenait à présent, oh oui il comprenait. Il y avait Ambroise. Et il y avait le vampire. Le nosferatu. Le monstre.
Le monstre qui était à ses trousses par sa seule faute, et qui de surcroît risquait de détruire le peu qu'il restait de l'ancien Ambroise. Si le vampire le rattrapait, il y aurait deux morts.
Ezel parvint enfin au sommet des escaliers... pour se heurter à une porte verrouillée. Haletant, il resta un instant pétrifié face au mur de métal, trop ahuri pour esquisser le moindre geste. Oh non, pas possible, pas encore, pas toujours... Personne n'avait une malchance aussi chronique, merde!
Le jeune hybride s'était mis à suer à grosses gouttes, pas tant à cause de sa course que de l'horreur sans nom qui lui tordait les tripes. Il se jeta sur la porte avec la fureur du désespoir, s'écorchant les ongles sur la serrure rouillée. Déjà il lui semblait entendre le souffle rauque du prédateur lancé à ses trousses. Sans doute la créature avait-elle découvert l'escalier, et maintenant elle le gravissait sans se presser, ses yeux de cadavre luisant dans l'obscurité, un rictus animal découvrant les crocs qu'elle avait plongés dans sa propre langue pour goûter au sang, fût-ce le sien. Ombre rampante, elle riait sourdement en se hissant jusqu'à lui, et déjà sa silhouette se découpait dans le noir du virage précédent, déjà ses doigts squelettiques se tendaient avidement vers sa nuque...
Les doigts frémissants sentirent un loquet, qu'ils ouvrirent dans un fracas de fer froissé difficilement supportable. Ezel tira le battant à lui et bondit hors de l'escalier, non sans claquer la porte derrière-lui. Il chercha vivement de quoi la barricader, avant de se rendre compte de deux choses - une mauvaise et une atroce. La mauvaise? La porte s'ouvrait vers l'intérieur, impossible de la bloquer avec un obstacle quelconque. L'atroce? De toute façon, il n'y avait pas d'obstacle quelconque, vu qu'Ezel s'était enfermé dans la pire des voies sans issues: le toit de l'Opéra. |
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